Saison
Ligne Rouge
08/10/2011 20:00
Studio Ernest Ansermet, Maison de la Radio

 

 

Ligne Rouge.

Ce dernier concert de notre saison 2010-2011 est traversé par une ligne directrice très spécifique : la percussion soliste et son interaction avec l’électronique. Comme par hasard, les trois oeuvres pour percussion soliste font

recours à des instruments qui proviennent d’une musique d’ailleurs, souvent traditionnelle, et le mariage de ces instruments avec des moyens électroniques crée une beauté tendue entre tradition et innovation, entre populaire et savant, entre technologie et artisanat.

Cette ligne rouge traverse le concert en entier, qui est ponctué par deux plats forts : des créations mondiales à charge de l’Ensemble Vortex en version quatuor. Celles-ci révèlent l’esthétique propre à deux compositeurs avec des origines très différents, et continue la tradition d l’ensemble de se risquer dans l’aventure de la création et dans la confiance aux compositeurs. Stefan Keller, compositeur suisse habitant à Berlin, interprète en virtuose lui même sa pièce « Prélude » pour tablâ et live electronics. Oeuvre qui mélange un savoir faire et une virtuosité centenaires (tablâ) avec une technique musicale assez récente et encore en développement (électronique en temps réel).

Nous reprenons un « tube » du XXIème pour percussion soliste : la pièce « Enclosure » pour cajón modifié et live electronics, de Hugo Morales, compositeur Mexican résident à La Haye. Encore un instrument appartenant à la tradition folklorique (Perou) qui se voie marié avec de techniques de captation et projection sonore de notre siècle. Une pièce autant musicale que chorégraphique, qui fait exploser les possibilités d’un instrument d’apparence simple.

La pièce de Marcelo Ohara, compositeur brésilien-japonais habitant entre Genève et Porto, nous conduit dans un voyage sonore onirique très propre à lui, à travers la transformation du son provenant d’une matière très simple : le café. Sa pièce « Grão de pó na terra é terra » utilise des petits grains pour faire sonner plusieurs objets du quotidien. Le son résultant se voit amplifié et diffusé dans un espace qui se rapproche de cette manière de celui d’une installation de musée d’art. Au milieu de cette ligne rouge autour de la percussion et l’électronique, l’Ensemble Vortex laisse son percussionniste se reposer pour faire deux créations mondiales pour quatre instruments et électronique : hautbois, violon, guitare et contrebasse. La première, « Vowel Noise », du compositeur argentin vivant à Paris, Santiago Díez Fischer, est une musique d’une poétique très personnelle, et lui même décrit cette oeuvre comme le reflet d’un désir, le désir de l’irruption de l’inutile perfection du silence.

La deuxième création mondiale qui verra le jour avec l’Ensemble Vortex s’intitule « Vortextures », du compositeur japonais-brésilien vivant en Angleterre Yota Morimoto. Pour quatuor instrumentale + électronique, la pièce se divise en six parties enchainées sans pause, et elle explore des différentes manières de coordination du jeu des musiciens, dans une musique qui mélange plages d’une calme extrême à des gestes très violents.

Avec: Stefan Keller
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