pod
alto , clarinette basse , contrebasse , électronique , flûte à bec , guitare , harpe , Kontraforte , lupohon , percussion , piano , violon , violoncelle
durée: 25'
2017

Hommage à Jacques Tati.

«Pod» (mot anglais pour «cosse») utilise une situation quotidienne comme point de départ: un groupe de 15 personnes se réunit dans un endroit. Dix d'entre eux, cependant, apportent leur propre espace en s'isolant avec des écouteurs et en plongeant dans un monde sonore intérieur, dont tous les autres ne perçoivent presque rien. Les événements individuels ne peuvent être identifiés qu’occasionnellement : des bruits courts, des « beats » vibrants ou - si quelqu’un commence à parler soudainement - probablement une conversation téléphonique ?

La pièce "pod" teste des modes de communication, d'interaction et d’un collectif musical dans ces conditions acoustiques. Les deux tiers des musiciens suivent que la musique personnellement choisie pour leurs écouteurs, de temps en temps comme fredonnant librement ou comme battant le rythme sur leurs instruments - mais avec des directives très spécifiques concernant le comportement ou la structure des interactions. Tout cela active un système de filtre électronique (développé avec Daniel Zea), qui contrôle ce que les participants peuvent entendre de leur musique personnelle par leurs écouteurs. A travers ce recours infini, une sorte de "bulle de filtrage" individuelle émerge.

Cette partie de l'électronique restent inaudibles de l'extérieur, seule la réaction instrumentale, physiquement la seule action réale de ce circuit, devient audible et forme dans un sens traditionnel la propre partie dans cette partition. Cependant, les déchets acoustiques produits par ces procédés de compression et de filtrage sont transmis par l'intermédiaire de transducteurs aux instruments des cinq autres membres de l'ensemble. Ils agissent beaucoup plus à façon de « l’oreille ouverte » et au mode de « musique de chambre », créant une sorte d'espace de résonance souple, qu'ils contrecarrent quelque fois à leur tour avec des bruits de tous les jours pénétrants.

Pendant plusieurs instants, ces processus sont interrompus - deux seront révélés ici : Tout à fait au milieu de la pièce les deux ensembles se réunirent et jouent une transcription d’une séquence de piste audio du film « Playtime » de Jacques Tati - un essai cinématographique merveilleux sur le réseau technologique en contrepartie de l'isolement social. Dans un instant différent, les écouteurs sont retirés et il reste une sorte de bruit de fond collectif - ou comme l'a dit Uwe C. Steiner : « L’acouphène est le bruit de fonctionnement de notre temps ».

Michel Roth