Fokus Romandie

23/2/2022 20:00, Gare du Nord, Bâle

Vortex à la Gare du Nord, Bâle Mercredi 23 février 2022

Intéressée à tisser des liens entre les scènes romandes et alémaniques, la Gare du Nord invite l’Ensemble Vortex à participer à son Focus Romandie.
Nous avons voulu répondre à la passion des animateurs du lieu pour le théâtre musical, la mise en scène et l’interdisciplinarité avec un programme qui mêle performance hybride, nouvelle technologies, vidéo et littérature :

The Love Letters? (2018)
Pour deux performeurs, deux webcams, deux ordinateurs (utilisant des algorith- mes de reconnaissance faciale), vidéo et électronique en temps réel Composition, chorégraphie et programmation visuelle © Daniel ZEA, interpréta- tion, Anne Gillot, Mauricio Carrasco et Daniel Zea (Ensemble Vortex)
Durée: environ 27 minutes.
Dans notre société de la communication et de l’image, la reconnaissance faciale est omniprésente. Systèmes de vidéosurveillance, algorithmes des moteurs de recherche, réseaux sociaux et téléphones intelligents suivent notre visage, y mettant une étiquette. La fenêtre la plus expressive de notre personnalité est ainsi devenue outil de marketing, de statistique, de contrôle étatique et policier. En outre, la banalisation des visages, omniprésents dans les réseaux sociaux, en fait des masques, des fictions narcissiques.
Pourtant, notre visage reste notre visage. Il est expressif à son insu, et cette propriété a été utilisée en art depuis toujours. Le cinéma a pleinement su exploi- ter son pouvoir communicatif des émotions.
La dualité visage expressif / visage déshumanisé est mise en scène dans The Love Letters ? Que transcende la communication entre deux visages interfacés par un réseau de machines ? Quelles sont ces lettres d’amour que peuvent générer des algorithmes ?
Deux interprètes face à face, devant leurs ordinateurs. Chaque mouvement, chaque geste facial est traqué, reconnu et converti en signal de contrôle. Un clignement des yeux, une grimace, un détournement du regard deviennent ainsi de la musique, et du texte. Ce qu’évoque notre visage est contrasté par ce que produit la machine. Que peut-on comprendre de cette absurde communication multicouche?


Fabulae (2016)
Pour ensemble amplifié (Clarinette basse, guitare électrique, percussion, violon, alto, violoncelle, contrebasse), électronique (sons fixes, traitement de signal en temps réel, système de Larsen) et vidéo.
Composition, livret, réalisation informatique © Fernando Garnero, vidéo © Eduar- do Imasaka, textes, livret © Emmanuel Adely
Durée : environ 28 minutes.
Il était une voix....
Fabulae est un objet dramatique mettant en scène des relectures des Contes de Grimm par l’écrivain français Emmanuel Adely. Leur contenu (maintenant une compilation de références connues, avec sa fonction de moralité distor- due en climat postmoderne) est récrit sous diverses modalités propres à l’écriture d’Adely, selon une esthétique de dépouillement. Tantôt comme une algèbre (soumis à des grilles, listes, indexations) ou comme une poétique évocatrice (haïkus, tankas).
La scène est elle aussi conçue en objet dramatique confrontant divers per- sonnages. La vidéo, le son électronique, la lumière et le son électronique en sont les acteurs au même titre que les musiciennes/comédiennes.
L’artiste plastique et sound designer Eduardo Imasaka nous livre une vidéo à la fois très soignée et énergique, parfois crue, violente, qui met en scène texte, image fixe et animation avec des influences allant du manga japonais au saturationisme.

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